dimanche 24 septembre 2017

MES GARES REVISITEES I ENTRE 2015 ET 2017

 

1er DEPART AA DERNIERS POEMES RETROUVES

Adresse province michel-orel rosiu

2, place d’armes

Saint Jouin de Marnes

79600 Plaines et vallée.

0

5, rue Constant Berthaut

Paris XXeme 75020

 

Pour envoi Eds.quelques pièces à ordonner.          

……….. PDF

« ON est pas sérieux, quand on a  dix sept ans… » disait le Gamin. Soyez assurés, ON ne l’est guère plus à quatre vingts,  sinon moins !

 La preuve ; je vous envoie ces quelques textes agrémentés de peintures pour conforter leur saveur.


 Pour  toute éventualité michele.rosiu@gmail.com

Et

michelorel41@gmail.com

        

  blogspot MINAIA

                    michelorelrosiublogspot.com

to :  Eds Bruno Doucey

Cour Alsace Lorraine. 67, rue de Reuilly  75012 Paris

contact@editions-brunodoucey.com

 

 

J’ai souhaité ne pas vieillir en milieu urbain. Celui que j’ai connu à Aubervilliers à l’époque des Etats Généraux de la Culture, j’y avais un atelier et un engagement artistique  le plus actif et le plus généreux que j’ai connu.   A l’exception de quelques foyers, le pays ne brille pas par une dynamique culturelle d'envergure  réellement populaire. 

Aujourd’hui je vis en milieu rural où la désertification culturelle est aussi remarquable que celle du médical.      C’est l’illusion occidentale dans sa phase finale avec quelques nids de résistance. Je pourrais écrire sans risque complaisance.

Pour information privée sachez que je suis sans le sous mais je ne fais pas encore le marché à midi trente.

 

Je ne vous connais que par mon directeur d’antenne, écrivain à ses heures. Il ne connait mon travail que par ma peinture et mes compétences en plomberie et usinages variés.

J’ai fait une série d’émissions pendant 10 ans sur les compositeurs et musiciens ignorés des radios génériques.

J’ai proposé quelques ouvertures sur la littérature et la poésie plus « enclume que souvenirs de Ramatuelle ». Ce fut sans suite. Vous connaissez l’état du pays ? La tendance CM2 élitiste est en progression exponentielle. Pédagogie et démagogie, une paronymie à usage sarko-hollando-macronien . « dégénératif » comme on dit décapant.

 Le titre générique est indicatif. Il manque quelques gares dont certaines sont en voie de naturalisation !

 

 

 


 

MES GARES REVISITEES  1
                      M.O.R
                 2015 – 2017.
 

Natanoucha et Ianoucha

 

Mes Fils 


Nous volerons les étoiles de mai

 

A l’aube du clair soleil

 

Et nous danserons avec elles

 

Habillées de jour

 

Nous irons dans les vastes plaines

 

Faites de silence et de rosée

 

Et nous les séduirons. 

  

 

                                Aubervilliers 4juillet 1988

 

Première série




 
       Introduction   
Version définitive  révision 27 août 2021
 

            Nous ne savions les lendemains,

Tant nous vivions au jour le jour

Dans la certitude de l’immédiat instant,

Sans  jamais en prendre la mesure.

La vie était ainsi, entre dérision et fantaisie,

Sans plus de prétention enfantine,

Que les libertés maternelles acquises,

Et qui ne dépassaient les berges de la Seine

Près de l’île des cygnes, à la semblance

Des tableaux , sans honte, imaginés.

La rue, courte, s'étendait en deux parties

Qui la situaient en extension jusqu’au métro,

Haut lieu de nos fréquentations tolérables,

Se prolongeant jusqu’à la place du faubourg

Où des bancs fantomatiques

Se jouaient des apparences, alignés 

Par des scellements de bitume écorché, 

Que venaient arroser les pluviales

     Jusqu'au débordement sur la chaussée.

Ces lieux de magnifique peuplement

N'offraient plus qu'un sombre délabrement

Où venaient s'échouer les yeux maladifs

De vies réduites à ne plus vivre.

Par lassitude, de trop d’attente,  

Les vieux, fatigués, étaient partis

Au pays des possibles, sans bagage,

Et où les rencontres, se faisant nuitamment,

Se perdaient dans des conciliabules amers,

Loin de ce qu’elles furent, lueurs d’ombres,

Parmi les murs, parmi les pavés.    

Cette venelle, caprice de synonyme,

Pouvait avoir changé en allure,

Sans qu’il fut besoin de tout réinventer,

Jusqu’à ce cottage, en folle audace,

De se maintenir parmi les vivants,

Et dont nous ne pouvions imaginer le jardin,

En verdure insolente, derrière la façade.

Les yeux couvraient l’espace d’un seul regard,

Et tout se reconnaissait en signature,

Bien que depuis longtemps déjà, 

La mémoire ne s’éveillât plus, portée    

Encore par quelques artifices

Qui renvoyaient, de ces jadis, 

Des images sans paroles.

 

1.    Révision du 27 août 2021.

 
 
 
 
 Bis

Les bancs d’aujourd’hui,
Dans des jardins incertains,
N’entretiennent plus de causeries,
Etrangement mêlées à la moiteur de l’air !







          
I) L’après guerre

Là où nous vivions, chaque année,
Les saisons paraissaient sur une trouée de ciel
Entre deux bâtisses sales et agressives.
Il n’y avait  pas d’arbres parmi les nuages
Flottant  à l’étroit au dessus des toits.
En bas, la cour était faite d’un faux damier
Livré à l’usure dans les angles,
Et d’un escalier aux barreaux ajourés
Dont la rampe  rejetait les  assises.
La lumière venait d’en haut, toujours pâle,
Dessinant la géométrie des murs,
Tantôt en clair, tantôt en sombre.
La vie était rangée en étages et fenêtres
Habillées de volets lassés, sans couleur.
L’habitude ne laissait rien paraître
Et chacun dans une discrétion grotesque,
Hormis une radio omni-présente à midi,
S’épuisait dans des toilettes communes
Noyées de sel acide et de chlore sulfureux.
D’aucuns se remarquaient fragiles et honteux
Furtifs dans leurs regards fuyants,
Quand la porte hurlait en la fermant.
Sur ce huis clos de la vie ordinaire.




Bis

 Entre les pavés
Une herbe rase
Et un ticket de métro !




intermède

 

Que peut savoir un poète  

Qui n’a jamais osé la peinture,

Ni même approchée, jusqu’à la toucher ?

Et que sait-il du dessin, par l’écriture

Qu’il pratique avec aisance ,

Et dont il s’amuse

Avec des mots hasardés

Où s’enlise la simple raison

Qui nourrit nombre d'illusions.

Que sait le poète,

Pour seulement convenir,

De ce qui lui parait juste à l’œil

Et agréable à la langue

Entre deux tasses, l’une de thé,

Et l’autre de café ?

 

 



Bis
  
Je la savais malade.
L’eut-elle jamais montré ?
Il faut savoir mentir !


 

 
II)     Le lendemain   (version B)  définitive.

 

C’était, en rentrant,  cette vapeur chaude

Qui venait des brûleurs chauffés au rouge

D’un chaudron à gaz avec son étrange soufflerie.

Dessus, une cuve à la vieillesse pardonnable

Faisait office de bouilloire.

Nul doute, l’après guerre n’en finissait pas,

Et d’en souffrir, entretenait des attitudes

Aussi surprenantes que singulières,

Par lesquelles paraître et survivre

Se confondaient en profusion désespérante

Avec un dénuement  inavouable.

Les rumeurs de rues familières

Se jouaient des bons d’alimentation,

Et du dévouement des bonnes oeuvres 

Réhabilitant les grands élans caritatifs.

Pour chacun, hors la violence du front,

Hors l’inimaginable de la déportation

La vie avait pu perdre le sens du réel

Sans le retour nécessaire de ce qu’il était

Quotidien, familier, et bien établi en sa nature.

L’indifférence put reprendre sa place,

 L’ignorance, maintenir ses domaines

Et se satisfaire des temps nouveaux. 

La pénurie fut si peu tolérée,

Qu’elle était passée sous silence.

C’était, outrageusement, l’apanage

Des femmes, réorientées en nombre

Par l’abnégation courante et salutaire

Reconnue d’utilité publique. 

Ce qu’il nous était donné à vivre

Put paraître un simple arrangement

Et une remise à jour de l’espérance

Qui  n’avait rien à apporter ni à exiger.

C’était en rentrant un visage, ma Mère,

Le front haut et les yeux profonds

  Elle me regarda avec insistance,

Et esquissa un sourire pour tout accueil.

 

II)     Le lendemain   (version B)  définitive.

 

C’était, en rentrant, cette vapeur chaude

Qui venait des brûleurs chauffés au rouge

D’un chaudron à gaz avec son étrange soufflerie.

Dessus une cuve à la vieillesse pardonnable

Faisait office de bouilloire.

Nul doute, l’après-guerre n’en finissait pas,

Et d’en souffrir, entretenait des attitudes

Aussi surprenantes que singulières,

Par lesquelles paraître et survivre

Se confondaient en profusion désespérante

Avec un dénuement inavouable.

Les rumeurs de rues familières

Se jouaient des bons d’alimentation,

Et du dévouement des bonnes oeuvres 

Réhabilitant les grands élans caritatifs.

Pour chacun, hors la violence du front,

Hors l’inimaginable de la déportation

La vie avait pu perdre le sens du réel

Sans le retour nécessaire de ce qu’il était

Quotidien, familier, et bien établi en sa nature.

L’indifférence put reprendre sa place,

 L’ignorance maintenir ses domaines

Et se satisfaire des temps nouveaux. 

La pénurie fut si peu tolérée,

Qu’elle était passée sous silence.

C’était, outrageusement, l’apanage

Des femmes, réhabilitées en nombre

Par l’abnégation courante et salutaire

Reconnue d’utilité publique.
Ce qu’il nous était donné à vivre

Put paraître un simple arrangement

Et une remise à jour de l’espérance

Qui n’avait rien à apporter ni à exiger.

C’était en rentrant un visage, ma Mère,

Le front haut et les yeux profonds

  Elle me regarda avec insistance,

Et esquissa un sourire pour tout accueil.

 

 



 

III       La rue.   Version définitive juillet 22

 L’été, le soleil faisait l’ouverture du jour, 

Par ombre franche et lumière diffuse.

La rue se jouait de ce partage étonnant,  

En simple alternance du matin au soir.

Elle pouvait avoir en aperçu des attitudes

Surprenantes pour le regard attentif,

Et au-delà, les caprices des sens.

Les trottoirs, bordés de caniveaux profonds,

Laissaient planer une odeur lourde

De pain cuit qui s’étendait en rez de chaussée

Par des lucarnes étroites à la sueur huileuse.

Le jour, à peine établi, était parfois saisi

A la dérobée par une pluie soudaine légère,

Et tout autant furtive par sa fraîcheur

Qui adoucissait la grisaille des murs,

Dont certains n’étaient que volets clos.

Les bruits, au delà des murmures,

Epuisaient toutes les fluidités sonores

Propres à satisfaire quelques musiques

Bien  opportunes et si contemporaines.

Toujours  en exactitude, les sirènes annonçaient

La fin convenue du commerce de civilité

Le faubourg se prenant d’un tremblement

 Semblait ne plus être qu’un vaste dépôt

Pour les vieux et  autres, d’aucun rivage,

Pour qui le marché, sous le métro,

Entre déchets et immondices,

Etait ouvrable à midi trente.
 

III) Quartier Lourmel (1ere version)

La rue avec ses habitudes de vieille fille,
Habillée de trottoirs étroits,
Et de caniveaux profonds,
 Avait une odeur lourde de pain cuit
Qui sortait au raz des pavés
Par une lucarne à la sueur huileuse.
Le jour apparaissait sans clarté,
A la dérobée, pour oublier la pluie
Aussi soudaine que furtive.
Les sirènes du faubourg
Vomissaient ses vieux et les autres
Pour qui le marché sous le métro,
Entre fonds de caisses et immondices,
Etait ouvrable à midi trente !

        
Bis

 Ils ont été et nous sommes !
Autorisons-nous
Un sourire sans larmes !





  IV.  La Dame en noir ou la Dame du soir.

 

L’été, le quartier faisait son plein de rumeurs.

De rue en rue, l’air frais se jouait du vent

Et ne passait jamais la grille noire du portail.

Il fallait franchir la cour pour atteindre la sortie

Avec une discrétion presque féline,

Et ne rien voir des regards tendancieux

Aussi soupçonneux que médisants.

Nous n’étions d’aucune amitié,

Que des  compassions vieillies

Jetées à la volée par des dames de charité

Au passé équivoque et outrageusement 

Innocentées par bienséance.

Elles étaient pommadées en conscience

Pour mieux convenir et s’en persuader,

Assurées d’un  faire valoir national

Qu’elles s’autorisaient avec insolence.

Sur le versant le plus ensoleillé de la cour,

Sur deux fenêtres mal fleuries

Où les mouches en volées s’écrasent,

Logeaient, au pire de l’indifférence,

D’autres nous mêmes, en semblance,

Rompus au silence de l’humilité.

La mère ne se signifiait  qu’avec mesure 

Par la présence à discrètion  de ses enfants,  

Et ne disait rien qui ne fut agréable.

Nous l’appelions la dame du soir,

Et elle était de tous les boniments.

Veuve pour les uns, pute pour les autres !

Le temps était encore à l’ignominie

Des délateurs et des repentis

Revenus en cortège. La vie coutumière

Fut à leur égard bien tolérante,

Jusqu’à restituer le fond de l’air

Qui n’a jamais vraiment quitté la rue.

Le désastre se délayait en anecdotes

Par des causeries de pavés,

Qui se jouaient des apparences

D’une réalité épuisée en euphémisme

Pour les uns, et en imposture pour les autres.

Isolée, elle savait ne rien attendre

De ce qui se disait, si lointain, si faux.

Son départ ne fut que le reflet d’un autre, 

Tragique et sombrement accompli.

Sur le versant le plus ensoleillé de la cour,

Il y a  deux fenêtres, et elles sont fermées !  

 


Bis

J’étais à un âge où j’imaginais

La Femme en sublimité

Avec des mots sans issue.

 






V)   Pauvre France  (version A)

L’école dégageait une masse sombre
De briques ocres, juste sur la place,
A  deux pas  de la maison familiale.
Nous suivions  la pente douce de la rue
Qui nous forçait la jambe jusqu'à courir
Pour nous retrouver  face à face
Avec une porte en arche boisée
Aussi monumentale que défraichie 
Et que nous franchissions silencieux
En baissant la tête devant une directrice
Toujours en embuscade et en voix.
Elle était ce qu'elle avait toujours été,
Une souche lourde et froide
Qui n'avait rien changé, en habitudes
Autoritaires, ces caprices humiliants
Hérités 
Chaque matin, elle était la vieille garde,    
Un retour de flammes assassines,
Le sifflet à la bouche sous un mouchoir
Qu’elle secouait comme un drapeau.
La mémoire, un rappel sans doute,
Celui des bérets de feutrine noire,
Toute en pointe jusqu’à l’oreille.
Et cette pèlerine de gros drap raide
Affublant de tristes servitudes.
Celle des flics à la mâchoire serrée,
Et celle des orphelins en bandes
Qui, de leurs galoches, claquaient le pavé
En chantant, braillards, quelque insanité.
Quelle douleur cette jeunesse soumise !


 

V)    L’école d’hier (version définitive)



Que savions nous de la démesure,

Quand elle saisissait nos regards ?

L’effroi bien souvent nous affolait

Par la béance de l’édifice. C’était l’école,

Toute de briques ocres et faïencées

Et de fenêtres géantes en arcade

Filtrant la lumière du jour.

Il était ce que la géométrie imposait,  

Aussi haut que large avec des toits

De belle charpente vaste d’amplitude.

C’était des entrées en rotonde

Curieusement décorées de mosaïques

Offrant en surcharge des dorures

Qui renforçaient une fausse somptuosité

Et rendait l’illusion plus active.

L’esprit de garnison dominait la bâtisse

Dans sa division des âges et des genres

Et tout autant par l’autorité froide

Des maîtres aux allures austères,

Qu’ils fussent nouveaux ou anciens, 

Et dont nous ne savions qui ils étaient.

L’épuration affichait un grand vide

Laissant le silence des réhabilitations

Tirer les rideaux et restaurer les hymnes.

La dérision était sans honte, calme.

Un terreau pour toutes les conversions.

Que nous soyons un nouvel assortiment

Importait d’autant, que les arrangements

Avaient, plus que les allées, balisé l’horizon.

De nos jours l’école n’est plus qu’un site

Qui renvoie en écho les années noires,

Quand les enfants, au béret de feutrine  

Tout en pointe, jusqu’à l’oreille

Et affublés d’une pèlerine de gros drap,

Défilaient en chantant les temps nouveaux,

Insanités aussi naïves que monstrueuses,

Claquant, de leurs galoches, le pavé

Pour ne rien troubler de leur innocence.   

 
Bis


Ils ne connaissaient du printemps
Que les primevères
Et un sourire sans fin.  



VI)    De départ en fuite

Ce qu’ils savaient de nous,
Juste ce qu’il fallait  en savoir,
Pour ne pas en savoir trop.
Et nous partîmes pour Besançon
Dans la gueule du loup.
Je venais de naître !

Bis

La folie est à l’espérance
Ce que l'espérance est à l'avenir
Et l'avenir au présent !





  •  
  • VII B.      version définitive
  •  

 VII B.    LE FILS DE LA POLONAISE.     

 

De caractère vif et impétueux

 Il était de toutes les audaces,

Jusqu’à tirer la cigarette de papier cru

              Qu’il portait, avec manière, à ses lèvres,

Laissant la fumée embrumer ses yeux

Qu’il retrouvait dans un regard frondeur.

De toutes les opportunités, il était la rue,  

Dont il figurait, par son allure altière,

Les humeurs juvéniles d’une ardeur

A la fois sauvage et lumineuse,

Celle d’une avant-garde active

   Qui le faisait plus poète que larron.

    Il était haut sur jambes, tête au vent,

       Une voix en puissance, fluide,

Et un rire ample et opulent.

Mieux que personne il disait les choses

A écouter, à méditer, à posséder.

En toute saison il était d’une même tenue,

Un ensemble défraîchi en velours élimé

    Qui, aussi étonnamment qu’il fut,

    Le vieillissait  avec avantage.

C’était mon Imaginé, mon Aristote,

    Le Bel ami de mon enfance, mon refuge.

    Parfois, parmi nous, au meilleur de sa joie

    Il se prêtait à quelques fantaisies

    Dans sa langue teintée de musique

Et récitait des poésies intenses et lyriques

Qu’il disait d’âme patriotique.

De sa personne, il était en immensité,

                      Ce que nous voulions être,

  Et qui se perdait en obéissance

  Derrière des murs de solitude,

  La nôtre, la mienne, sans reflet d’existence.

  Sa santé était sa contrainte et son défi

  Dont il savait simplement l’issue 

  Qu’il conjurait avec une ironie froide,

  S’honorant de jurons confondants.

  Nous l’avons porté en terre

     C’était un mois des années grises,

Aux portes d’un hiver rude et cruel,

Dans l’insignifiance des jours.

De lui, les mots incomparables d’ivresse

Avaient fuit pour d’autres séjours.

Je ne savais et ne disais que son prénom

Qui n’était pas le sien.

Ce n’est que bien plus tard,

Devant les ruines de l’immeuble où il vécut

Que fut évoqué, Marek,

le fils de la Polonaise !

 

Auber . 1995  Révisé St J. 2022

 

 

Il se savait hors l’enfance,

Qu’il ne connut  jamais   

Ouvert à toutes les hostilités !

 

 

 
 

Bis



De ses mains il dessinait les mots
Des mots il peignait la vie
De la vie il était l'innocence !


J’avais perdu un ami
J’avais perdu un frère
 
 


 
VIII)  L’enfant du 3eme


Il aurait pu éblouir le soleil
Qui ne descend qu’à mi hauteur
Sur le  mur d’en face
Avec une saillie profonde
Mal obstruée par une bande
De zinc blanchie où bizarrement
Les oiseaux s’attardent.


Bis
   
Souvent le rêve impossible
De l’impossible rêve
Et s’abandonner au sommeil.




IX)  La mort au passage


La peur ne l’avait pas érodée
Ni compromise par ses violences.
Elle avait pu, les années noires,
Ne rien désavouer de sa conscience
Porteuse d’une vaine espérance
Dont elle  savait en silence l’usure.
De ses fils, captifs, elle put croire
Qu’ils furent jusqu’à l’absurde, saufs.
Mais ils ne revinrent pas.
Ils ne revinrent jamais !
Il ne lui restait que des vestiges de fripes
Et des papiers jaunis dans des  valises
Au carton avachi sans serrure
Et l'ironie sans éclat d'un drapeau froissé
Aux couleurs défraichies
Elle était devenue, en dérision,
Marchande des quatre saisons,
Et commerçait à même le trottoir
Sur sa charrette à bras qu’elle poussait
Avec l’énergie d’un livreur de charbon.
Elle était du faubourg, la femme du jour,
la maraîchère du coin jusqu’à la nuit.
Mais elle ne vendait ni le printemps
Ni l’été ni l’automne,
Et moins encore l’hiver
Qui la faisait taper des pieds le pavé froid.
Et quand elle partit au petit matin
D’une journée de mai lumineuse,
Nous ne pouvions imaginer
Que du quartier elle fut la dernière,
Lorsque un autobus la renversa.
Il ne passait jamais par là. !



  
Bis

Les Petites Gens
Vivent sans histoire
Dans l’assurance
D’une mort avec des si...





X)       Chanson



L’aube à Paris
C’est le soleil à l’Etoile
Et la pluie à Barbès.
C’est le grand cri des Halles
Et le silence à Passy
L’aube à Paris
C’est la fumée songeuse
Sur les toits zingués
Qui s’amuse des nuages
Et des vents légers
L’aube à Paris
C’est  un faux semblant
De décors en multitude
De dédains salement affichés
L’aube à Paris
C’est une vague d’illusions
En kiosque dans des squares vides
Avec des chansons froissées
L’aube à Paris
C’est du rêve oublié
Dans des nuits sans sommeil.
Et la mort convoyée
Avec le premier métro !  


Bis 1
 

L'aube à Paris
Un tango en dérision
Dans un soufflet d'accordéon.



Bis 2


Son amitié ne tenait à rien
Juste deux pinces à linge
Sous un ciel sans teint.














Intermède 

 

  MAHAM INDIA

 

 

 

 

 Textes en dédicace pour l’exposition de photos de Michèle au FIAPAD de Nanterre en novembre 1984. 1er et 2eme séjour en Inde.

 

  

Maham I.

 

Je vous nomme en commun désir

Mridangam

Quelle foudre sourde étonne vos peaux

Mystiques

Vos caprices fauves en délires

Sont des ententes en psalmodie  

Vibrant sagace prélude

Sous un ciel virgulé d’étoiles

Nous sommes en suspension du temps

A l’écoute infinie

Le jour à l’extrême des nuits parait

Le musicien retient sa main

Et la pluie se fait soudaine

 

Paris le 24 octobre 1984

 

 

Maham II.

 

 

Je vous sais beautés déployées

Au fil de l’eau qu’un ciel

Dans le blanc et bleu calmé

Sur le blanc et bleu décline

 

En quel espace ordonné solaire

D’un cri en forêt les oiseaux

Front de saison immobile

A vous pêcheurs de l’aube

 

Déjà se referme du temps la mémoire

Les vagues sillonnées de vos labours

Et l’effloraison des confusions divines

Dans vos yeux sans éternité !

 

 

Paris le 17 novembre 1984

 

 

Maham III.

 

                 Nous allions en songe

L’arbre à la terre enfouit ses racines

Les dormeurs de l’aube soupirent

Et le jour barque sur l’onde

Sous le ciel s’attarde en désir

Nous allions en songe

Lagune d’infinité au regard ravi

Fébrilité de musculeux efforts

Dans la transparence étonnée

Des clartés du monde

Nous allions en songe

Vos noms se font source lumineuse

Et simple chant sur les cimes

Jusques à nos séjours immuables

En vos demeures Mahalingam

 

Paris le 21 octobre 1984

 

 

Maham IV.

         

          1.   Le vent, la pluie, la nuit irrigue la lagune

Les brumes chaudes s’évanouissent

Il n’est murmure que le silence

Au delà des murs terrassés

Le temps s’oublie en raga algues océanes

Au temple qui s’endort

 

 2.   Le vent, la pluie, le céleste désordre

En mille voix de femmes

Echo en imploration suspendue

A tous les vimanas d’un lointain savoir

Le temps s ’oublie en talas vagues lentes

Sous la lumière d’une ivresse lunaire

           

            3.    Le vent, la pluie. Les dieux ferlisés

D’un véda philosophal médité

L’interminable accomplissement d’un soir

Un fleuve altier sur tant de ciel

Le temps s’oublie en fécondités

Dans l’attente d’un jour nouveau         

                                Paris le 29 octobre 1984

 

`

`Maham V.

 

Nous ne pouvions imaginer

De tant d’avatars le mirage

Et le rite de tant de séjours

En renouvellement d’offrande.

Les pierres de sommeil

Furent la fraicheur du soir

Des heures de sérénité partagées

Et se sentir hors la multitude

Par un regard de solitude.

Nous ne pouvions imaginer

L’éblouissement de l’innocence

Et ses harmonies silencieuses

Mêlant nos voix muettes

Nos étions ce jour dans le cristal

Des mélodies hors du temps

Des enfants du chant Drhupad.

 

 Paris 3 novembre 1984

 

 

Maham VI.

 

Nous étions au bout du bout du monde

Là où la terre regarde l’océan

Là où les oiseaux poussent leurs ailes

Jusqu’à la naissance des premières glaces

Là où une prière de femme hors du silence

Devient un sommeil d’enfant

Nous étions au bout du bout du monde

A l’aube de la nuit blanche étoilée

En multitude de védas renouvelés

Sur les voies heureuses du ciel

A nous rêver sur quelques rivages

D’une autre vie.

 

Paris le 14 novembre 1984

 

 

 Maham VII.

 Hampi une certitude d’absolue

S’était soudainement offerte

Derrière des remparts de cannes à sucre

Vallée dominée par le mont Anjaneya

Et la gopura du temple de Virupaksha

Les ruines  n’y sont pas testamentaires

Et l’histoire semble scellée à tout jamais

Parmi  les dédales d’un village en survie

 Dans le futur de son passé.

 

 Ancienne capitale du Karnataka

 Vijayanagar-aujourd’hui Hampi-  foyer des temples de Vitthala le ratha (chariot en pierre), de Virupaksha la gopura (toit en cône) , et aussi remarquables les bains du lotus Mahal et tout le reste qui fit de Hampi au XV eme siècle  après Beijing la ville la plus peuplée au monde (un demi million d’habitants). Elle fut détruite par les forces des sultanats du nord, de Delhi suite à la défaite de Telokota en 1565.A deux reprises la ville aux dimensions métropolitaines fut saccagée et pillée.Quant à son héritage, il fut dispersé. L’empire hindu des Vijayanagar n’aura duré que deux siècles.

 

Textes en dédicace pour l’exposition de photos de Michèle au FIAPAD de Nanterre en novembre 1984. 1er et 2eme séjour en Inde.

 

Hommage de toujours pour toujours. 

  

Vladimir la Révolution


           Vingt démons à ta tête d’enclume

                Tu te disais à l’heure foudre d’airain

                 Instruit de ces lumières le défi

Ton nom exorcisé était un étendard

                 En passeport de l’étoile rouge

                 A l’abrupte conscience

De tes mots de clarté en clarté étendue

                 Par ta plume dans le sang fertilisé

                 D’une espérance étonnée

De tant d’horizons pour tant d’hommes.

                 Les temps étaient d’une autre saison

                 Tu étais citoyen d’un peuple en devenir  

 Vingt démons à ta tête d’enclume

                  Tu étais la multitude en force tonnante

                    Le souffle de la Commune retrouvée

Soeur Lumineuse insurrection du monde

                     A toi même la renaissance

                    D’une moisson nouvelle.

 

 

Paris le 22 avril 1979

 

                              Des gens parmi d'autres. 1

 

LVII 

 

L’aliéniste

 

Vous saviez avec autorité et pertinence,

Celles là mêmes que vous montriez

En administrateur, maitre de séance

Et magnifiquement zélé,

Qu'il n'était pas fou ou si peu,

Bien que vos définitions, soupçonneuses,

Le rendissent, à votre gré, attrayant

Pour la profession en déclinaison carcérale

Couvrant le marché des névroses. Déficient

Déclaré, il le fut, et curieusement traité.

Certes, il buvait plus que de raison

Le fond vaseux des bouteilles sales,

Que vous laissiez sur les tables,

Le cul dans l'eau, et de sa langue

Léchait  le bois graveleux,  en surface,

Nourrissant une déchéance ordinaire

Dont il disait, calme, le divertissement.

Il n’était que l’anonyme d’un désordre,

D’une folie enivrant la multitude

Qui ravissait vos cahiers de servitude

A la complaisance savante, ordonnée

Et qui faisait de vous une référence.

Il n'était pas fou en simplicité,

Mais si laborieusement blessé

Par tant de sollicitude douceâtre,

Celle d’une famille dévote

Tout en convenance et la vôtre,

Que vous osiez, chaque matin,

Par la grâce d'un neuroleptique assassin 

Offert à même votre main, 

Avec un sourire d'enfant amusé

Qui ne vous a jamais quitté !

 

 

St J. le 20 Août 2018

 

Des gens parmi d'autres. 2

 

LVII Bis

 

Maladie    (l’actrice, voisine du 3eme)

 

A son sourire, nous ne savions

Quel mal se jouait de sa vie

Dont nul ne sut vraiment le cours

Qui fut entre généreux partages

Et  envolées fantasques,

Qu’elle n’évoquait qu’avec frivolité  

Pour  éloigner  la pelle et la pioche

D’une médisance déjà active.  

Elle savait ne pas savoir l’adversité

Et osait jusqu’à l’absurde l’audace

Du défi qu’elle nourrissait

Avec la rage des joueurs de table

Qui n’en finissent plus d’espérer.

La douleur, toujours en rappel

Quand la sueur perle au front,

N’entretenait aucun négoce

Qui fut de bonne source rodé

Mais si sincère en dérision

Jusqu’à l’ironie en éveil.

La maladie s’était signifiée

Sans qu’elle fut vaincue,

En simple déclinaison hospitalière

                Inscrite en toute lisibilité

                Sur le revers d’un feuillet volage.

C’était la dernière scène du dernier acte,

Elle fut magnifiquement transférée,

                En équipage de blouses blanches

                Quand elle quitta la chambre, mains levées,

                Se gardant, lucide, de croiser les doigts.

 

 

                  Paris le 23 mars 1982   Réécriture texte de Janvier1976



 



 

 

 

 

 

 

 

Caprices retrouvés

 

depuis 1964

 

 

 

 

 

   

 

NOUVEAU RECUEIL 

 

 1965…………2021

 

Mise à jour définitive mais incomplète.

 

1

 

 

Caprice poétique

 

Porteuses de ciel

Sombres jeunesses

 

Vos austères sommeils

Se font nuit sans voile

Sans clair regard

Ni  éclat de lune

 

 Paris 17 septembre 1965

 

 

2

 

Désert

 

Je m’en irai

De capes en lanternes

En sillons étonnés

De rivières en sommeil

Dans des yeux lumineux

Semblables à la mer

A l’aube des soleils.

 

 Paris  le 19 janvier 1966

 


3

 

 Nef

 

 La nef de tes pas sur un lit en vitrail

Lumière au vif déployée pénétrable

Je te sais je te crois au clair visible

Des rives indicibles le reflet voilé

 

La nef à ta main glacée songe

D’un autre songe en matin espéré

Ce matin enfanté des ombres

Et le cri d’une ancienne douleur

 

La nef à ton regard une blessure

Vieillie en pluie d’humeur noire

La mort déjà sans masque

Et ce départ parmi les brumes du soir.

 

 Paris le 5 février 1972

 


4

 

Ainsi

 

Ainsi l’étang gelé

Fibre d’un seul asile

Ainsi la folle liberté

D’évidence imaginée

Les fureurs de vie

Epuisent la terre

La vérité active

Ilumine l’oeil

De voûte et d’ascension

Et s’éclaire d’une étoile

 

Ainsi fendu de ciel

Eclat plus que nature

Voleur de feu

De tous invisible.

 

 Paris le 16 mai 1970

 

 

5

 

Epouvante

 

Vous avez jeté

Vos souffles vénériens

Aux fosses de ma tête

Ces livides railleries

Dévidées tournoyées

En rampe d’hiver

D’escalier de jour

Pendant une nuit

Comme il n’en est pareille.

 

Paris 24 juin 1970

 

6

 

Apparences


Jusqu’à l’extrême illusion

Elle paraissait sous des limbes

Un flou d’apparence

Au creux de ses mains

L’ondoiement enivrant

Fixé aux racines de son corps

La tête doucement allant

Sans un balbutiement

 Jusqu’à la hauteur bercée

Au dernier degré de l’astre

Elle semblait offerte

Le front nu les yeux glacés

Le rêve aboli la veille

Prenait figure de ciel

Et son regard se perdait

Dans la fuite du jour

 

 Paris le 30 décembre 1968

 

 

 7

 

Renaissance

 

Laisse passer au ras des murs

Le soleil jusqu’aux portes

Ton âme en son front brûle

Et aussi l’aube désertée

 

Le jour fait refleurir

Ce que la nuit a froissé.

 

 Paris le 14 octobre 1968

 

8

 

Morsure

 

Vipère effroi de ta morsure

Si lascive et étendue

Sur la roche chaude

Et tes yeux froids et vitreux

Mirage d’une brulure

Dans l’aile abattue

D’un nouveau jour

A midi lumineux !

 

 Paris le 30 octobre 1968

 

9

 

Illusion

 

Je voudrais fouler

De mes yeux éclairés

Le ciel qui mène à toi

Quand l’été est passé !

 

 Paris le 2 octobre 1968

 

10

 

L’eau

 

Il savait l’eau calme et claire

Pour y noyer son regard

Et oublier ses confusions

Lourdes et si peu visibles

 

Il savait l’eau naïve

Et pourtant féline

Dans sa fuite irritée

Au cours tumultueux

 

Il savait l’eau solaire

Espérance des déserts

Dont il ne put imaginer

Qu’il marchait sur la mer !

 

 Paris le 4 octobre 1969

 

 
`

11

 

Le voyage

 

J’ai erré dans tes silences

Si longtemps aveuglément

Avide de saisons

 Les tiennes parsemées

Jusqu’à l’horizon

Dans tes refus insensibles

A comprendre l’ostensible

 Et pénétrer le coeur des choses

Qui fleurissent en toi

Et que j’aime à boire

Dans l’arche de tes mains.

 

Paris le 15 mars 1970

 

12

 

 Mirage     (ex. La prière)

 

Il ne fut jamais nourri en solitude

Que d’une amertume consentie

Dont il portait les blessures

Fardeau d’une existence hors champ

Impossible à vivre et qui dort

Au fond d’un tiroir

Dans le vide d’une poste restante.

 

 Paris  le 6 octobre 1969

 

13

 

L’elfe   (ex. Morsure)

 

Elle ne portait jamais d’étoffe

Qui put couvrir son cou

Dont la fragilité se signifiait

Par une tenue de tête tendue

Offrant un visage froissé

Et lourdement vieilli.

Elle avait une voix sombre

Appuyée par un cri cassé

Et un souffle sec, altéré.

Quant à son regard

Il était celui du  cristal

A l’opacité vitreuse.

Elle disait ne rien voir

Du visible outre les ombres

Quand la sienne en tache

Voilait le soleil.

 

 Paris le 24 octobre 1969

 

15

 

La clef

 

 

La clef est là pendue au fermoir.

On la prend au firmament du jour,

Derrière la porte qui s’étire,

Derrière le rideau d’ombre

Où sommeillent des senteurs

Légères et  nauséeuses

D’une époque sans mémoire.

La clef est là pendue. Déchire

La lettre illusion, si confuse

Si incertaine en vérité son défi

Elle occupe toute la place

Dans la nuit de la serrure !

 

 Paris le 11 mars1970

 


16

 

Retour

 

Sa voix parmi les silences

Nourrissait la certitude

De l’espérance

Dont nul ne pouvait ignorer

Qu’elle fut le reflet

De la vie toute en lumière

Hors les temples sectaires

A l’avidité violente

Des marchands de sommeil

Il était de ceux mal nés

Qui osait le désordre

Sans jamais le savoir

Et tenait sa solitude

D’un abandon lointain

Frayeur d’une absolution

Annonciatrice d’un vrai retour

Dont il n’eut jamais la révélation !

 

Paris le 24 octobre 1978

 

 

               17

 

Vourdalak

 

Il ne voyait du miroir ni image

Une semblance en soupçon

Ni regard qui fut le sien

Dont il ne sut jamais l’allure.

A lui même il était étranger

Et s’étonnait de ses mains bleuies

Dont les veines  serpentaient

Jusque sur ses bras invisibles.

Fut-il ce qu’il devait être

En cette nuit plus profonde

Et plus noire entre toutes ?

Comment put-il le savoir

Devant un désastre perpétré  

Dont l’histoire perverse

Raconte tout et son contraire !

 

Paris le 16 mai 1965  (film de Mario Bava  d’après la nouvelle éponyme d’Alexeï Nikolaievitch Tolstoi)

 

 

               18

 

La Marionnette

 

Du doigt elle pointait la nuit

Son regard se perdait dans l’innocence

Quand perlait grise la pluie lointaine

Seule elle parlait à voix basse

Se multipliant dans un rôle 

Dont elle abominait l’allure

Elle était un mystère inavoué

Portant sa cape en poupe

Sur une main agile et froide

Où elle se faisait souveraine

En bouffonnerie agacée

Elle semblait d’un grotesque   

Aussi exaspéré que fatigué

Portée par la foule hurlante

Que l’homme des foires

En écho tragique reprenait

Annonçant du guignol silencieux

La mort prochaine.

 

 

Paris le 17 mai 1973

 

19

 

Les cannes blanches

 

(texte déplacé, voir autres séries)

 

20

 

Naissance

 

Ce pur maintien

D’un ordre établi

Essence première

De ce qui l’a fait naître

Si lisse si légère

Essence de vie déjà

A occuper le désert

De ce qui n’est pas

Et qui en magnificence

Devrait être

Quand il fleurit l’accessible

Le reflet enfin saisissable

De ce qui lui ressemble

Le temps halluciné

D’un songe de l’univers

Essence d’un autre songe

Devenu fertile !

 

 

Paris le 14 février 1973

 

    ooooo

 

Aikus érotiques. (voir série)

 

Le corps pleurait

Félicité humide

De sueur chaude

 

o

Verge étandart

Sur tant de mont

De Vénus étanché

 

o

La béance sensible

D’un tremblement nuptial

Et l’éclat éblouissant

 

o

L’antre n’était que béance

Et fragilité de le paraître

La peur plus que la retenue

 

 

Saint Jouin 8 octobre 2003

 

ooooo  

            

 Mirage

 

Dans la nuit de l’innocence

Rien ne paraît plus

Puis à l’aube c’est une femme

J’en ai la calme présence

Et tout lui dire

Jusqu’à mon nom.

 

Paris 8 octobre 2003

  

 OOOOO

Que la pluie froide    

Sur des portes closes   

L’effroi d’un soir en  haute maladie

Où se saisit l’éclat saisissant

D'une nuit lucide

 De mur en mur

Qui  affirme au monde

Ce désastre terrestre

Qui dira de ce séjour

La douleur soupçonnée

La pluie s’est fait entière

Noir roulis  obscur rejet

D’une heure en démesure

A mesure que la vie meurt

Et que j’ai fait naître!

 

OOOOO

 

C'est un jour de pluie ordinaire

Larmoyante et froide qu’ effleurent

Des soupçons de sourire

 

ooooo


 Femme de charité

(premier état)

 

 Il paraissait sombre et douteux

                Le pas hésitant et le regard flou

                Il était l’homme d’une triste fable

                Trainant une vieillesse oubliée

                Où les oiseaux jouant la grammaire

                Et les mots par- dessus les sifflets

                Charpentaient une musique de sérénité

                Dont il ignorait qu’elle fut si proche

                C’était une impasse en honte égarée

                Ouverte à la salubrité nocturne

                Sous l’œil froid d’une lumière cristalline

                Il remontait la rue et elle faisait le trottoir !

 Paris le 17 janvier 1997

 ooooo

 

Femme de charité        

                   (Deuxième état)

              

              Que n’osait-elle du regard

Si effrontée qu’elle fût

Lui dire sa solitude au-delà des mots

Qu’en sa tête il chantait parmi les oiseaux

Par-dessus les nuits par-delà les jours

Effleurant le silence de ses pas

Que n’osait-elle de sa main tendue

Saisir la sienne si lourde

Qu’en ce temps de grisaille

Il portait à son cou en écharpe

Pour ne rien laisser paraître

D’une quête inavouée inavouable

              C’était sous l’œil d’une lumière cristalline

Il remontait la rue et elle faisait le trottoir

 

                                                  Paris le 17 janvier 1997

 

 

ooooo

                   

 Femme de charité

         (troisième état)

 

 Elle se savait sèche et fanée

Violaine en violence douce et amère

Nuitamment emmurée

Hors les façades sous des horloges

Où le temps est sans mesure

Les nuits n’en finissaient pas

Sous ses talons aux marches

Teintées de flaques cireuses

Laissant frémir quelques lambeaux

De sueur à l’étage sans tarif

Pour plus d’attrait et de frayeur

Pensait-elle avec ironie

Il n’était de chambre qu’un lit

Flanqué d’un drap sans couleur

Et une lampe à l’abat jour pudique

Pour ne rien voir des miroirs

Le reflet d’une misère ordinaire

 

                                       Paris le 20 janvier 1997

ooooo

 

Femme de charité

    (quatrième état)

 

                                D’elle il ne restait en étal

Qu’un regard au vif de l’air

Sous des portiques de verres

Une habitude sans retenue

Et des mots de soumission

En délires d’alcôve

Elle n’avait de vérité

Que dans l’arrière salle

D’un café où l’alcool amer

Libérait des bouffonneries salaces

Et des histoires en dérive inventées

                       Elle n’était plus que l’antichambre

D’une autre, un prénom emprunté

Une excuse en écorchure dévoyée

Elle savait ne plus admettre

De n’être qu’une adresse

En dernière page d’un répertoire

 

                                               Paris le 23 janvier 1997

 

 ooooo

 

Le dormeur

 

 Il y a des femmes qui passent

D’hier et d’aujourd’hui sur la place

                            Et tout le jour que la nuit efface.

Mais lui dort en grand silence

Un rêve ébloui en innocence

Quand de la vie la mort se lasse !

 

ooooo 


 

Poèmes pour une femme défunte

 

Etat 1

 

Juste un cri à l’orée du ciel

Dans la brume de septembre

Et un jet de lumière jusqu’à l’œil

Où filtre du jour l’évidence

Le temps joue à s’attendre

Et danse sur une vaine musique

Faite de vieilleries endormies

En lambeaux d’ennui !

 

 23 Septembre  2011

 

 

Etat 2

 

Une absence toute offerte

Sur des murs en béance

D’une nuit fécondée

La rue n’est plus qu’un désert

Une solitude de femme

Le visage contre terre

A boire la certitude

De n’avoir jamais rien été !

 

 30 Octobre 2011

 

 

Etat 3

 

Quelle méprise égarée ma servitude

Ma soumission. Vaine est l’offrande

Et sèche la main qui la prend

Vieillir plus qu’autre chose sans cesser

Sans raison consentie par rupture.

Pour s’offrir au silence.

Est-ce cela la vie ?

 

  8 Novembre 2011

 

 

 Etat 4

 

La sueur faisait lit de sa chaleur

Et la lumière clignait de l’œil

Néons jaunes et rouges

Sur le pli tendu de sa peau.

Une cigarette enfumait le regard

Se consumant de bouche en bouche

Elle disait ce que disent les mots

Le sommeil était vain et l’attente lascive !

 

  9 Novembre 2011

 

 

 Etat 5

 

Son corps pleurait

D’un désir humide et froid

Le temps d’une perfide entente

Le temps d’un trouble obscur

Elle était dans l’innocence du jour

Sous un faisceau d’apparence

Une vision lumineuse

D’un baiser à la bouche soudé

Son lit aux draps écrus

Pleurait une solitude de gare

Elle savait de ne plus savoir

La convulsion d’un dernier regard.

 

Son corps hurlait

Ce qu’elle avait fui

La fougue en outrage

L’outrage en désir

Et la mort pour compagne !

                                                                                 

                                                             11 Novembre 2011

 

 

Etat 6

 

Il ne lui restait qu’un souffle de vanité

Une illusion attablée et des mensonges

D’amours éventés à l’amertume sévère

Sur des lits à jamais désertés

Et des histoires toujours imparfaites

Perdues en quelque abime

Il ne restait qu’une porte à prendre

Et une fenêtre à ouvrir

La folie est sans recours

Quand la vie se consume !

 

  17 Décembre 2011

 

 

 Etat 7

 

N’a-t-elle jamais vécu sa vie

Contre tout partage

Livré à la soumission

Le deuil fut tôt établi

Dans des draps sans mémoire !

 

Vendredi 17 Décembre 2011

 

Etat 8 

 

Ce qui se devine devant la porte

Juste sur le seuil un papier froissé

Une apparence de lettre

Avec des mots illisibles



ooooo

`


Solitudes

 

1

Au milieu des solitudes.

Il n’est plus de main tendue

Tournée vers quelque ciel

Dans l’ébauche du jour

Entravé sur le glacis du bitume

Le ventre convulsé

Aux milliers d'immondices

Où brûle en soufre le soleil !

 

 

 2

Au milieu des solitudes

Quel œil au vif acéré

N’est regard confusion

D’une lumière électrique

Dans l’abondance des nuits

Où la chaleur se fait sur le front

Et où l’aube n’est que clarté

D’un astre à la dérive !


3

Au milieu des solitudes

Le matin n’est plus que vieillesse

Etendue sur la table

Lèvres séchées d’une autre saison

Une année encore à vivre

Dans la folie des couloirs

Où dansent des lambeaux de rêve

En agonie ordinaire !

 


Au milieu des solitudes

Il n’est que champs ravinés

Effondrement de toute chose

Jusqu’à la froide obscurité

Où la voix sans voix a tué le silence

Le temps n’est plus à l’habitude

Et l’errance déjà en finit

De ce mirage universel !

 

 

Paris le 11 décembre 1976


ooooo

 

 

 Les mal-nés

Auber. Mars 2005 



Enoncé.

Il était de ceux pour qui le matin 

Avait encore la fraîcheur de la nuit

Inépuisée et le sommeil en suspens

Ses yeux mi-clos fuyaient la lumière 

Hors le jour en son lointain

Que semblaient déverser somnolentes

Des images sans mémoire !


Variation 1
 
Il était de ceux d'un rivage incertain
Loin déjà d'une plaine en sommeil
Loin d'un asile encore salutaire 
Dont il cherchait plus que les murs
L'ultime refuge où meurent sans cesser 
Des lueurs de soleil naissant !

 
Variation 2
Il était de ceux 
Qui nourrissaient les faits divers 
D'une paperasse immonde
Et qu'il utilisait naïvement
Dans les toilettes de l'étage.


    •                                     
    • Dernier train
    • Il savait le départ certain
    •  Sous des lumières peintes
    •  Des baisers furtifs et vagabonds
    •  Un oiseau du soir sous le toit
    •  Il savait l’inutile espérance
    •  Dans les yeux rendus au noir
    •  Des talons secs claquaient
    •  Dans la fumée laiteuse des trains
    •  Il savait en leurs regards croisés
    •  Un soupçon de vertige
    •  Une herbe à leurs visages
    •  Et déjà de lourds chuchotements
    •  Il  savait de ne plus savoir
    •  Il était de ne plus être
    •  Le silence se fondait dans l’air
    •  Et la pluie  voilait leurs désirs
    •  Il sait à présent des murs
    •  L’oraison sans voie des multitudes
    •  Et les yeux en larmes consumés
    •  Quand la porte se ferme !                                                          

       

       

      Paris le 24 Mai 1999

       

       

                                 O

 

 

IMAGES IRANO-PERSANNES 





A SHIRAZ

 

 

 

A Schiraz, dans le vertige des sables

Là où la montagne sèche                                                 

Fait ombre en des rues désertes 

Là où la nuit alourdit le sommeil

Et fige les portes closes

 

A Shiraz un nom  ma mémoire

Crépuscule et aube d’un nouvel été 

Tout entiers soumis sous des voiles

Où les regards en multitude

Ne sont qu’oubli et solitude

 

A Shiraz dans le temps déchiffré

Sous les pierres exhumées

L’histoire se regarde et des jours

Le défi d’une éternité impossible

N’est plus de l’histoire qu’un souffle

 

A Shiraz dans le refus démesuré

Des désirs qui n’en sont plus

Mes féminines présences d’une main

Simplement tendue. La légèreté

D’un baiser à peine dit à peine né

 

A Shiraz dont je sais les jardins                                          

Les mots soupçonnés et déjà lointains

Et ce visage ceint de ruban noir

N’est-ce pas jusqu’à la dérision

Une amante heureuse dans le soleil ?

 

A Shiraz je vous sais femmes linceul

Femmes de tous les cris sans cris

De toutes les lumières aveugles

Femmes de l’argile des mots

Rendus au jour tel un cours d’eau

 

Loin de Shiraz j’écris la parole                               
Hors les marbres roses vieillis

Hors les murs des temples                                

J’écris le voile tombé et vos cheveux

Aussi noirs que le noir de vos yeux

 

 

 

 

                                       Paris le 26 Octobre 2003


     O

 

               ISFAHAN

 

 

Une clarté fécondante emplit la chambre où des couleurs silencieuses

Dansent dans l’indolence des heures encore chaudes du jour

 

La moitié du monde se confond  dans l’hystérie d’une ville éclatée

Où rayonnent des lambeaux d’histoire sans voix

 

Isfahan est mon trouble, mon doute. Dans le temps et hors du temps

Une foule agacée et des regards naïfs dans l’abondance des bazards

 

Je n’ai de la place ni cliché ni image une plaie dans mon souvenir

Des yeux de cinq ans et une supplique pour un papillon factice

 

Le regard s’est épuisé dans la ronde des dômes à jamais endormis

Et le champ clos se nourrit des cris d’une troupe autour d’un ballon

 

Une nuée noire sous la voûte séculaire s’agite puis disparaît

L’ordre règne à onze heure. Qui dira de la nuit l’espérance ?

 

Isfahan, ma jeunesse  un rêve froissé  une vérité éteinte

Un semblant de soleil dans un sourire furtif

 

L’amour a pris place en des miniatures d’os poli et d’ivoire glacé

L’amour sans amour fleur du poème à jamais aboli.

 

Le matin de nouveau  paraît dans un calme dérisoire

Et le chant se fait soudain pour un enfant né d’une femme.

 

 

                                                            Paris le 27 Octobre 2003

 

 

 

                      O

TEHERAN I

 

Lourde immensité ivre de sens

De ce qui vit, de ce qui souffre.
Un cri de fond de gorge

En saillie et le tumulte nauséeux

D’une maladie sourde

 Lourde immensité en futur

Une  possibilité à la terre

bbbbbSi fragile, si secrète

Les tours sont en ardeur

Vestiges d’un passé hanté

 Lourde immensité tirée au jour

Dans le dédale séculier

Des bazards ou la rose et le safran

S’offrent en délices

Dans une lumière pétrolée

 Lourde immensité, soudainement

Un sentiment au vif de l’air

D’être nul ailleurs en imaginé

Téhéran en passé un trait effacé

Une rupture dans la mémoire

 Je marche en vertiges

Parmi les transfigurations

Les marbres blanchis et les silences

D’un poème jamais écrit

Téhéran, ce festin de pierre.

 

 

 

 

 

TEHERAN  II

Téhéran la mémoire y traîne

Quelques vieilles histoires de poètes    

Une femme aimée autrefois s’est perdue

Dans une errance si profonde et si lointaine

Qu’aucun cri ne fut aussi vif

Que la douleur qu’elle fit naître.

Paris le 29 octobre 2003

 PRAHA I

U Tomas

 A sa lèvre perlaient toutes les bières

Je le savais sage

Juste une amertume

Se faisait sur son regard

Sa voix sombre se dispersait

En chansons slovaques

C’était autrefois

Des chants de partisans

A sa lèvre perlaient toutes les bières

Il me disait son pays

Le simple chemin de sa vie

D’hier et d’aujourd’hui

Et ce jour de nuit sombre

Une tache dans sa mémoire

Une larme séchée

D’une douleur encore ouverte

A sa lèvre perlaient toutes les bières

Il me disait l’avenir

Et sa quête du bonheur

Puis s’égarait ivre

Dans des rêves impossibles

Jusqu’à la désespérance

Chez Tomase

A onze heures moins le quart

Paris le 5 janvier 1980

 

                            O

 

 

A Prague II

 

Nous nous sommes dit

Les mots de bonjour et d’accueil

Je me souviens

C’était au premier jour

L’heure était à l’aube

Il pleuvait

 Nous avons pris le tram

Le marche pied s’emballait

Je me souviens

Les caténaires en statues

Dressaient leurs ossatures

De ferraille noire

J’attendais sous les voûtes

L’heure était confidente

Etait-ce Eva ou Suzanna

Par les rues de Mala Strana

Des rues en pavés

Dans  l’humidité du soir

 Et sous les enseignes du temps

Nous allions froissant le silence

Je me souviens

J’étais avec Dana

L’heure était oublieuse

Et la pluie s’en moquait 

 Paris le  9 janvier 1980

 

O

 

Cheveux de craie  

« Sur une sculpture de Rodin »)

 L’arbre des brasiers

En silence d’hiver

Sur le buste imparfait

D’une fille à peine femme

D’une aube à peine jour

Si sensiblement résolue

Sur des cheveux de craie

Demeure la parole

Des libertés en lèvres d’air

 Paris le 17 septembre 1973

64 

Pour le soixante quatrième anniversaire de Michèle dont ses fils disent plus qu’il ne sera jamais dit ni écrit et qui  est comparable au poème des poèmes. Il me plairait de penser  que je suis le messager de ce texte, - lumière - qui par trois fois a ébloui notre vie. Ce  poème a été écrit dans l’urgence plus que dans la nécessité qui l’aurait de toute évidence contrarié dans sa spontanéité. Il n’est pas totalement abouti mais je n’ai jamais su polir les mots d’autant que je suis incapable d’en saisir leur vérité.

Aussi parvient il comme une fleur de saison sur une branche qui n’est peut-être pas la sienne.

 

 

 

 

 

                                          Michel-orel rosiu

 O

 SONGE

La nuit s’est annoncée à l’orée

D’un rêve déjà égaré et si peu vécu

Si mal vécu qu’à fuir le sommeil

Nous fuyons ce qui nous ressemble

Semblance de ce que nous sommes

Par une aube si désirée 

Lumière par la lumière consentie

Osée dans nos fébrilités amoureuses.

 De nous le temps - si peu -  démesuré

Incomparable - hors l’éternité  

Source d’une féminine controverse 

Tantôt  offrande tantôt   linceul

Rien qui ne lui soit donnée hors l’ombre

D’un sourire au regard invisible

Perdue sur des lits de servitude

A la sueur ruisselante

 Je-tu-nous liaisons abusées et maladives

En fol espoir de ce qui trouble et affecte

La vérité - de nous -  nuitamment épuisée

Et par nous au jour renouvelée

Est-ce l’amour sur un autre rivage

Où échoue sans apparence

Ce que nous fûmes  au jour premier

Et de l’avoir par la chair exhumé

 Nos vies- n’ont-elles jamais existé

Ou ne sont-elles que pour avoir été

Ne pas et n’être plus que le vol d’un baiser

Sur des yeux endormis  

Déjà illusion d’un futur passé

L’amour –   cette aberration

Insensée de l’immédiat et de l’absolu 

La nécessité  lumineuse qui nous fait être

Alors que de nous rien n’a été et ne sera.

 La nuit s’est annoncée à l’orée

D’un rêve – promesse figurée

 De tous les possibles

Notre antique et nouveau devenir.

M.O.R  Jeudi 9 juin et vendredi 10 juin 2011 

 

lundi 4 septembre 2017

LA VERITE SI DURE.




 

1

 

 

XII)     La vérité si dure !

 

 

 

Que pouvait être l’espérance

A la fin des années quarante

Qui se baladait entre swing et fox trot

Sur les ondes reconquises

Et dans les cabarets rive gauche,

Rythmant les jours nouveaux

Sur fond de purgatoire nauséeux

Et de rédemption salvatrice.

La fin des années quarante

Furent des années de discrétion,

Pour le repentir et l’expiation,

Et tout autant des années d’amertume

Par tant de certitudes anéanties.

D’un uniforme à l’autre,

Les mêmes foules pour d’autres mots,

Et le jeu pervers des intrigues,

Des trahisons absoutes,

Des retournements et des ralliements,

Les seuls, "inexpugnés", inexpugnables

Sur des restes sans triomphe

D’une autre occupation déjouée

Et enterrée à la hâte sans drapeau. 

Quant à la libération, que fut elle 

Dans les bordels normands,

Parmi les ruines et les cadavres,

Hors négritude, que des blancs

Pour les passes alimentaires.

La monnaie de singe avait cours.

Tout était négociable,

D’une répugnance à oublier

Jusqu’à la collaboration

Convertie à la Résistance.   

Il fallait rattraper l’histoire

Et la rendre plus honorable

Jusqu’à la soumettre en révision

Pour ne rien confesser

D’une vérité trop criante,

Quand la gloire pour l’Un

S’évaluait brutalement en profit,

Et pour l’Autre en sacrifice,

Jusqu’à la démesure.

L’Armée Rouge s’est arrêtée sur l’Elbe,

Que n’est-elle allée jusqu’à Brest !...

 

 

                                 Version définitive le 23 août 2021

 

 

 

 

 

 

 

Bis

 

Que n’a-t-on jamais dit

Que n’a-t-on jamais écrit

Après le mensonge !

 

 

 

 


XII) La vérité si dure      (version d'origine)
 
Les années cinquante
Furent des années de repentir,
Des années d’expiation,
Des années de rancoeur.
D’un uniforme à l’autre,
les mêmes foules, les mêmes mots,
Les trahisons absoutes,
Les ralliements et l’opportunisme
En souveraineté légitime,
Les seuls inexpugnés, inexpugnables
Sur des restes sans triomphe,
D’une autre occupation manquée,
Et enterrée à la hâte sans drapeau. 
Quant à la libération, qui dira ce qu’elle fut,
Dans les bordels normands,
Parmi les ruines et les cadavres,
Hors négritude, que des blancs
Pour les passes alimentaires.
La monnaie de singe avait cours.
Tout était négociable,
Jusqu’à la collaboration
Convertie à la Résistance.
Il fallait revoir l’histoire
Pour ne rien confesser
D’une vérité trop criante,
Quand la gloire pour l’Un
S’évaluait odieusement en profit,
Et pour l’Autre en sacrifice,
Jusqu’à la démesure.
L’Armée Rouge s’est arrêtée sur l’Oder,
Que n’est-elle allée jusqu’à Brest !

                                                                            michel-orel rosiu



Bis
Que n’a-t-on jamais dit
Que n’a-t-on jamais écrit
Après le mensonge ?

Ce texte est extrait du recueil   "Des gares revisitées" non encore édité 

samedi 5 août 2017

Cher Joël Teubissi Noutsa




Comment distinguer les grands commis de l' Etat de l'état des grands commis, quand on sait que les premiers s'aliènent en tous sens  le devenir du second ?
                                                                                                           aph. 23 m.o.r





Cher Monsieur, Cher Joel,

 Accordez-moi cette familiarité qu'il m'est agréable d'exprimer et de vous adresser tout le bien que mérite votre intervention fortement justifiée par les précisions informatives que vous apportez et surtout par le désaveu que vous inspire une attitude suffisante et immature de celui qui se retrouve à la tête de notre pays.
J'ai déjà écrit, mais encore faut-il être lu,  que cette situation inédite, en France s'est soustraite de l'improbabilité pour apparaitre en phase applicable active. La combinaison -mass médias, électorat, mode de scrutin- a été gagnante. Nous voici avec le chef d'Etat le plus mal élu de cette Veme République épuisée et moribonde et d'une chambre majoritaire des plus composite avec 17% d'inscrits. Je ne reviens pas sur ce qui a autorisé une telle conclusion.
Aujourd'hui Emmanuel Macron est le chef de l'Etat. Je ne sais s'il faut évoquer "la" ou "sa" gouvernance tant il est à la manoeuvre dans le complexe, maintenant inaliénable, qui a distribué les rôles, dont le sien. Les uns définitivement hors champ et les autres encore dans l'actif.
Le comportement de l'Assemblée Nationale, quasi unanimiste, laisse supposer une stratégie directe du Président peu  soucieux de contradictions. Il peut dire tout et son contraire.
Il est tout autant chef d'entreprise qu'il est promoteur d'une uberisation débridée et ses avatars  dont les "start up" avec chiromancienne agréée.  Il représente l'opportunisme néo-libéral le plus retors   dont nul n'ignore, de politiquement censé, ses tenants et aboutissants qui laissent supposer allégeance et  soumission et leurs corrélats immédiats : régression et répression.
J'en arrive Cher Joël, plus directement, à votre texte dont j'apprécie la pertinence et la tenue. Vous avez, entre autre,  une  intelligence  directe de ce qui se passe en France du fait  in fine de votre proximité passée à l'ENA avec celui qui fut passagèrement votre collègue et dont je ne sais s'il était une ébauche, voire une préfiguration, de ce qu'attendaient ses futurs promoteurs de type attalien et autres têtes pensantes, nombreuses  en ces temps de débauche politico-affairiste.   Le personnage, s'il en est, pourrait ne présenter qu'un intérêt relatif  s'il n'avait pas été au centre d'une crise rendue atypique de gouvernance avec des présupposés bien établis de coup d'état mené, il me semble, par une propagande organisée dont le journalisme écrit et audio-visuel fut remarquable d' efficacité et de soumission. A l'exception de l'Humanité, du Canard enchaîné et du Monde diplomatique (rien à voir avec le Monde) l'oligarchie dirige tout le complexe "lectuel". Quant à la télévision, c'est la pensée unique bétonnée reconduite pour le quinquennat.
Aujourd'hui il est intéressant de noter les attitudes de ces mêmes  mass-medias, voire du courant dominant (mainstream-MSM) concernant l'Assemblée Nationale. Nombre d'inepties et de crétineries de nouveaux élus hier flattés à souhait sont à présent vilipendés sans retenue .  Quant au chef de l'Etat, nombre de ses interventions  agacent. Macron et toute sa suite ne sont représentatifs que d'une minorité intellectuellement et politiquement irresponsable et dangereuse, et je le crains extrémiste à l'écoute de diverses déclarations dont celles affligeantes et fausses de Macron lui-même et qui ont une saveur de troquet à l'heure du pastis. Qu'il s'agisse des Comoriens ou des Femmes Africaines pour ce que nous savons, et c'est de trop!
Je pense que l'Afrique n'a pas à se situer ni à se prévaloir, elle est de fait et d'autorité, historiquement hautement civilisationnelle, ce que semble ignorer votre camarade de classe -tout comme Sarkozy inepte parmi les ineptes- qui n'a pas besoin d'afficher ses carences intellectuelles et culturelles, autant humiliantes pour lui que pour le peuple qu'il prétend représenter et dont la versatilité est plus qu'une vue de l'esprit.
Il est clair que cette France que je ne reconnais pas dans sa politique interventionniste et belliciste -  je rappelle la responsabilité de Sarkozy et tout autant celle de B. H. Lévy dans l'assassinat de Mouamar Khadafi, est tout simplement reconduite par l'actuel chef de l' Etat.  La dénégation est parmi les attitudes  politiques l'une des plus dommageables et outrageantes. Macron n'est pas simplement un homme de contradiction, c'est un opportuniste de type standard, zélé.  Ses référents sont lourds de conséquences qu'il s'agisse de sa condamnation du colonialisme, récusée, de l'antisémitisme, amalgamé au sionisme ou plus récemment de la souveraineté du pays révisée par le CETA réhabilité.
Je précise ici que nombre de juifs ethniques ne sont ni israélites, ni israéliens, et encore moins sionistes. Je serais tenté d'écrire que nombre de  scolaires ENA, anagramme associé, ne sont ni vendus, ni collabos, ni oligarques. Maurice Thorez, que je respecte,  ne pouvait imaginer les travers pervers et l'instrumentalisation de cette institution  qui est devenue une faillite pour la démocratie et le progrès, mais un passage obligé pour le mandarinat  et autre ploutocratie  pour atteindre les arcanes



de toutes les instances du pouvoir politique et financier. Ne sommes-nous pas dans un complexe inédit et d'une exemplarité exceptionnelle de subordination sur fond de crise systémique gangrénée par la corruption, et de soumission corrosive individuelle et collective prête à faire feu de tout bois ? Nombre de députés marcheurs sont, par euphémisme, à l'ouvrage dont "on" subodore déjà les conflits d'intérêt.
Cette situation et son exploitation  n'ont fait que participer d'un vilain jeu parent du complot qui aujourd'hui, loin de se dissiper, atteint le domaine publics.   Par ailleurs ne nous méprenons pas sur le pouvoir présidentiel qui vient sous nos yeux de se déplacer dans une zone "Kleenex" qui renforce une situation de grande défiance. L'Europe plus américaine  que jamais est sur un bateau qui prend l'eau et Trump donne plus dans le déclaratif bruyant que dans l'action à l'exception des mesures anti-sociales et le renforcement d'une politique militaire en voie d'obsolescence.

Pour clore sur Macron, il y a une sale odeur  de boulangisme et de "refiguration" actualisée de ce qu'a été cette vague dans les années 1880.
L'homme ne se réclamant ni de droite ni de gauche a mis à mal la IIIeme République. Outre son suicide il s'illustra, étrangement dans une sale affaire de décorations qui n'est pas s'en rappeler celle perpétrée par l'ancien ministre des finances, aujourd'hui reclassé.

J'ai cru utile de publier ce texte qui fait suite, d'une certaine façon à celui que j'ai adressé à Farida Nabourema  au sujet des déclarations de Marion Maréchal Le Pen sur les colonies françaises qui vont au delà de la bêtise "crasse" et de l'impéritie. Cette ex-élue ne sait rien du monstrueux "Code Noir" désespérant de vérité qui fut en usage contre les esclaves, comme elle ne sait rien du colonialisme et de son néo qui perdurent avec une collaboration  aliénante et désastreuse.  La réponse de cette jeune femme togolaise et écrivaine est un appel à la justice et à la dignité. Elle est  une des grandes consciences de  l'Afrique dont le concept continental anticipe son avenir. Un dernier mot concernant l'arrivée du  général Lecointre en chef d'état-major. Sa présence lève toute ambiguïté sur la mentalité CFA du locataire de l'Elysée et de ses attitudes futures fortement cautionnées. Monsieur Bolloré est en sentinelle.
                                                                             
                                                                                               Avec  mes sentiments très cordiaux.

                                                                                            michel-orel rosiu



rappel blog Minaia     michelorelrosiu.blogspot.fr  

mercredi 10 mai 2017

Le duel des forfaitures et machinations bas de gamme.


"Il n'est d'homme providentiel (1) que par ceux qui l'espère et l'appelle, que par ceux qui lui donnent le jour et le nourrissent et que par ceux, en retour et par mérite, qui en tirent tous les nectars des profits et autres prébendes."

  Makron peintre grec du Veme siècle ajc. Peinture sur vase et emphore. (pour information)

                                                                                                            m.o.r apho.227
 On ne dit toujours pas "la femme providentielle".





Le Pen clame haut et fort qu'elle est le peuple soit 23% de 89%
Macron clame haut et fort qu'il est libre et indépendant avec Drahi et Bolloré comme parrains
Il représente 21% de 89 %.
C'est dire LP plus M totalise 44% de 89% soit 1 sur 2 électeurs.
Il est en des candidats médiatiquement dopés comme il en est  des athlètes qui le sont médicalement.
A ce sujet le roumain Eli Nastase est resté stupéfait par la puissance musculaire des soeurs Williams dont la devise très sportive pourrait être la fin justifie les moyens.
La comparaison ne s'arrête pas là si l'on en juge les aboutissants, transfert de méthodes, transfert d'objectif, transfert de stratégie sans oublier les hommes et l'argent par nécessité et par garantie.
Lors des élections de 2012 opposant Hollande à Sarkozy. Le fond de commerce de Sarkozy reposait principalement sur les questions sécuritaires et les sondages étaient défavorables. Il y eut l'affaire Meyra. L'opinion publique choquée resitua le candidat de droite. En 2017 le duo Le Pen Macron est en final. Le fond de commerce de la châtelaine de Saint Cloud est la sécurité et le terrorisme islamique, à noter la mortalité sur les routes  qui a augmenté de 4%. Sa deuxième position n'est pas des plus confortables. La fusillade sur les Champs Elysées qui coûta la vie à un agent et revendiquée par Daech qui joue les utilités, rien n'est prouvé d'autant que l'AFP renvoie tout ce qu'elle doit renvoyer selon les autorités. Ainsi Les prétendues preuves de Ayrault qui plagie Colin Powell au sujet de la seconde affaire des armes chimiques et qui a une odeur de coup monté .


Cet attentat (celui des Champs Elysées) instrumentalisé à l'excès recentre la popularité de la candidate qui se paye"à l'insu de son plein gré" des électeurs dépossédés de toute compréhension rationnelle et cohérente, genre apolitiques à tondre. Nous ne pouvons que constater, à défaut de la mesurer,  la misère intellectuelle et politique de diverses couches de la population dont les ruraux et les retraités  qui représentent la majorité de l'électorat Macron-Le Pen. Il est aussi lassant mais significatif de voir combien la naïveté est active en opposant, - complexe du duel-,  les deux impétrants qui répondent en des rhétoriques peu différenciées   aux exigences des commanditaires de l'oligarchie, du patronat et de la haute bourgeoisie. Le CAC 40% peut être satisfait de la médiocrité  triomphante mais avec lucidité.
Le premier tour a placé favorablement Mélenchon mais cette situation doit aboutir pour un troisième tour qui pourrait réhabiliter les aspirations à une démocratie sociale que Macron ignore complètement Il vient d'être élu avec 60% de voix et une abstention de 26% soit un électeur sur quatre.   Mais le rôle donne dans l'opportunité et spécule sur la durée tant la question de l'intelligence électorale est proprement tectonique.




ELECTIONS bidons ou soft PUTSCH

Je ne parlerai pas de celle ou celui  qui peine à distinguer le sucré du salé et qui joue une élection sur la cravate, la robe ou les caries dentaires. Le drame est non dans ce qu'ils sont mais leur nombre.
Victimes nées et le reste au tout venant.
Si il y a une affaire Macron dont je rappelle ici l'homonymie malheureuse avec le peintre grec, actif à Athènes entre 390 et 380 avant notre ère, il y a dominante une crise du pouvoir que seule les propositions politiques de Mélenchon pouvaient balayée en revendiquant nécessairement une 6 eme République de purification pour les illuminés et de réhabilitation pour les lumineux dont nous sommes.  J'en profite ici pour préciser que le jockey de Rotschild a eu le  soutien très appuyé et sans discrètion de Yanis Varoufakis sans oublier dans ce concert de cors de chasse Jeremy Corbyn et Bernie Sanders qui ont bien besoin et plus que jamais d'une plus grande vitalité.
La montée en force de la dynamique Macron, ce n'est pas un mouvement et encore moins un parti (1)
ne fut qu'une mise en scène banalement orchestrée (2) depuis l'arrivée discrète aux relations publiques jusqu'à l'intégration  aventureuse à Bercy qui a pu être une période probatoire pour le prétendant  dirigé par des paradigmes d'encadrement jusqu'à la dernière étape de confirmation, laissant les chiffres, sondages,  amuser et abuser les foules. 



Quant au personnage Macron ni clone ni factotum mais certainement matrice d'un ordre corporatiste de type ENA représentatif de la société civile au service exclusif de l'oligarchie financière et administrative. Coup d'essai qui n'a pu être validé que dans un contexte social délétère et sociétal contestataire du fait d'un faux conflit de générations mais réactivé par un complexe de l'ultra-libre entreprise et de l'enrichissement entièrement dynamisé par un libéralisme débridé et suicidaire. Faut-il penser que nous entrons dans une période non d'instabilité mais de conflits ouverts entre les forces politiques et les forces civiles toutes oligarchiques et capables de toutes les surenchères.
L'état de notre société, fatiguée,  usée et impotente, participe d'un primitivisme moral, intellectuel voire culturel et non politique. Cette usure, exaspération et tout ce que leur ressemble ne suffit pas à expliquer tout ce qui a participé à l'opération en marche à savoir emmanuel macron  en dehors de ceux qui l'ont organisée dont Hollande  tel qu'en lui-même...et tous les autres faussement "zombés".
Mais sur quoi c'est joué cette comédie et sa supercherie qui s'est mise en place et développée dans la même période que les primaires fantasques et ubuesques aux USA? L'analyse ou plus justement l'exploration raisonnée du processus nous renvoie simplement au pourquoi et au comment sans pour autant prétendre à une définition affinée du "casting" à l'exception de l'arbuste qui cache la forêt appelée en vedette hollywoodienne qui lui convient fort bien. Le personnage étant fortement "dysnelysant"-"dysnelysé". 


Il n'est pas vrai que les médias furent dans l'innocence de ce qui se tramait alors qu'ils cultivaient, télévision en tête, la dénonciation bien orchestrée de la corruption ordinaire de  Fillon,  étonnamment  bien léger dans sa défense. Imaginez l'agressivité sarkozienne dans une situation comparable ?  
La candidate Le Pen, d'une belle perversité et d'un savoir faire professionnel, s'est retranchée derrière l'immorale immunité parlementaire tout en ayant à répondre elle aussi à des affaires d'emploi fictifs représentatifs de la corruption à usage courant. Pour les autres, la machine Macron and Co n'avait aucune consigne, si ce n'est que pour elle même seulement suspectée bien naïvement d'excès de vertu.  Depuis les choses ont grandement changé. Ferrand, Goulard, de Sarnez, et la Bayrouzina. A quand le candide Hulot et autre consort. Il y a de gros intérêts et des conflits en perspective.
Pour ce qui est des législatives les "masses électorales ont été préalablement mises en situation pour chaque candidat à l'exception des  Communistes  et ceux de la France Insoumise qui représentent  la seule variable à handicap conséquente. 
 
J'ai en l'esprit  le profil d'un candidat "marcheur" à défaut de profession de foi toujours délicate à assumer.  Le récipiendaire macronisé (l'orthographe en deux mots est courante) a tout pour devenir "un gentil organisateur" au Club Med. Par ailleurs instruisez-moi sur la société civile pour savoir qui est qui ?
 Photos Fête de la musique 2017 de Liège Belgique.
                                                            michel-orel rosiu  21 juin ...1 juillet 2017

lundi 3 avril 2017

Simulacre des présidentielles 2

"Quand une société se ment à elle-même, c'est le plus sordide des menteurs qui est amené à la diriger".
                                                                                                 m.o.r aph. 38






Je pense très fortement qu'il faut laisser une trace de la singulière évolution de la campagne pour les présidentielles d'avril 2017 dans notre pays, qui n'est ni exceptionnelle et ni particulière mais qui se développe comme une fin de parcours du présidentialisme régalien dans le cadre d'une république la V eme où la corruption de fait a trouvé une place quasi-institutionnalisée et  singulièrement  médiatisée . Ce que nous ne pouvions imaginer c'est la toute puissance  du  "mainstream" violent, agressif, partisan laissant la farce et la bouffonnerie occuper les esprits  pour le moment venu ouvrir les poubelles. Outre le faux semblant, il n'y aura pas de campagne électorale en tribune et en idée.   ni de débats contradictoires et politiquement établi, si ce n'est quelques joutes consensuelles.    Jean Luc Mélanchon qui a mon soutien affirmé n'affiche aucune différence que ce soit pour la cravate ou le patrimoine qui semble d'une banale normalité.  Mais l'espace politique dans lequel il évolue échappe au système aventuriste financier sur lequel notre pays flotte depuis des décennies et dont le CAC 40 est le vaisseau amiral.   Notre souveraineté, à bien définir, ne peut être réhabilitée que dans le périmètre des institutions aujourd'hui largement spoliées et qui n'ont fait que servir les intérêts exponentiels  d'une caste politique financière et sociale.
Fillon n'est qu'un "petit bonhomme" que la presse de Dassault ne pourra jamais réhabiliter. Dassault étant lui même une hypertrophie de la corruption de caste et de classe mais aussi d'Etat.
En Janvier les USA ont élu l'invraisemblable opposé à l'impensable du fait même d'un bipartisme obsolète et anachronique représentatifs des lobby banquiers du pays. Je songe ici la déclaration de D. Eisenhower lors de la définition définitive de l'OTAN qu'il voyait comme la main mise du lobby militaro-industriel sur l'économie des Etats Unis et par extension sur celle des pays affiliés.


Le 10 Mars de chaque année la Russie fête Carnaval avec la Maslénitsa. C'est l'occasion pour les jeunes hommes en deux clans de s'affronter très physiquement. Pour le Daily Mirror, vous avez dit Mirror ces hommes sont des hooligans en stage de préparation pour les futures batailles rangées entre supporters. (surtout anglais)
En ce qui concerne la manifestation anti-corruption organisée par l'un des corrupteurs en chef Alexei Navalny ancien étudiant à Yale et agent patenté de diverses officines type CIA Soros et autre M16. Nombre de manifestants ont ouvertement reconnu qu'ils avaient été dédommagés comme il se doit
pour service rendu à la démocratie très participative. Cette pratique efficace est toujours appliquée et  est gérée par des protocoles bien établis   comme à l'époque de la dissidence active en Union Soviétique qui n'ignorait rien des tenants et aboutissants de ses "achats de conscience" et de leur manipulation . Ce n'est pas tant de trahisons et plus encore d'idées que de médiocrité vénale et d'intérêts abjects dont il fut toujours question. Les dites "révolutions de couleur" n'ont jamais cessé d'être sur le registre  des spéculations  "droits de l'hommiste" mélées au négoce de la drogue dont la CIA en titre a toujours été l'un des gérants les plus actifs. L'ignominie et la corruption se tiennent toujours en haute estime et fidélité.

Les élections présidentielles en Equateur n'ont pas  intéressé l'AFP consacrant une fois de plus le mensonge par omission dont le ministère des A.E est le grand organisateur.  Le candidat social-bolivarien Lénin Moreno succède  au grand déplaisir du "bloc occidental"à  Raphael Correa et conforte les résistances en Argentine, au Brésil et au Vénézuela où les Etats Unis par tous les moyens cherchent à reprendre pied.
Je demeure confiant dans la Révolution bolivarienne dont le développement ne doit pas échapper 
aux forces progressistes étasuniennes  et au mouvement de Bernie Sanders aussi timide soit-il.
Je consacrerai  un nouvel article aux évènements à la révolution de couleur au Vénézuela qui semble échapper à ses promoteurs occidentaux pourtant fortement appuyés par des médias plus sales et plus infects que jamais. Je surveille très sérieusement ma presse qui parfois prête l'oreille à la chorale.
Et si nous parlions du rôle très précis de la France en rappelant à Guértault alias colin Powells les bonnes affaires des cimenteries Lafarge. Je vous invite à mieux connaitre les accords impérialistes
Sykes-Picot signés en 1916 aux dépends de l'Egypte et de la Syrie. 
                                                    
                                                                                  Le pire est devant nous !  
                                                                                          michel-orel rosiu

jeudi 9 mars 2017

Rappel référence blog Minaia

Blog Minaia

Pour rappel
michelorelrosiu.blogspot.com
ou
michelorelrosiu.blogspot.com
Pour enregistrer 
une fois encore pour ne pas le confondre avec celui de Hollande ou de Fillon.

Pour ne pas l'oublier
michelorelrosiu.blogspot.com   (définitif)
 
 
 

mardi 7 mars 2017

. Emmanuel Yudhoyono et Banbang Macron


"C'est toujours avec des mots apparemment jetés en l'air qu'on construit l'opinion publique et qu'on la dirige"
                                                                                                           Aphorisme 118 m.o.r



Nous sommes le dimanche 5 mars, le temps est épouvantable. Pluie, grêle et vent de tempête. Le département des Deux-Sèvres où je vis, sans préméditation, entretient des zones de forte déforestation pour une agriculture tout terrain et maintenant  pour une exploitation électrique intensive  par éolienne dont les promoteurs de type CAC 40 ne tarissent pas d'éloges. Les intercommunaux font fort d'autant que les hélices ont trois pales. A partir de quatre vous avez un aéronef tout neuf. Il me brûle de demander à qui profitent ces installations qui apparaissent en bandes organisées sur des terres encore généreuses. Nous sommes dans le meilleur des mondes si nous prenons pour argent comptant les déclarations et autres professions de foi de nos maitres à penser  locaux. Qu'il s'agisse du conseil général ou intercommunal, ces institutions sont dans une autosatisfaction constante et ravie.
Ayons quelque lucidité.  Le monde rural, singulièrement urbanisé,  vue de l'intérieur    atteste  un très faible développement culturel  et social,  ce  d'autant que son l'évolution socio-politique de son profil n'est pas des plus éloquents.  Nombre de villages   sont sans définition idéologique affirmée et leur gestion de type "manager" est menée par  des  collèges lourdement introvertis et paternalistes à souhait.  Avec ou sans nitrate les néocons et le populisme nouvelle mouture ont le vent en poupe. Ce n'est pas le manque de talent et  d'aspiration mais celui  inavoué d'audace et d'intelligence politiques.  Les préjugés sont d'une ténacité maladive  et les mentalités  sont actuellement sur aucune perspective progressiste réelle alors que les tensions générationnelles s'amplifient. Ces dernières ne font que profiter à tout ce qui ressemble à celui qui marche devant les autres. Profil, mentalité, pédigree et bien entendu trois pièces avec boutons et veste à pans coupés. Peu ou pas d'artistes mais en rangée de 10 mâles et femelles dents en avant les formatés des grandes institutions du commerce à l'administration
et nouveaux aspirants à la dysnelisation collective mise en messe par le leader.
Je serais tenté de dire que le prétendu complexe alternatif de la gouvernance du pays  ne s'est épuisé qu'avec un changement d'acteurs. Ce qui pourrait en partie expliquer le bal des pantins auquel nous assistons avec la montée en force de la société civile, des médias et de l'oligarchie qui n'a jamais cessé d'être dominante et dernièrement confortée  par l'arrivée  de Trump au Capitole.  



Sommes-nous un Etat de droit ou à convenance un Etat qui s'en réclame ?
Nous voilà au coeur de cette question avec une  campagne électorale qui s'oublie dans quelques lieux d'aisance.  D'une foire et d'une forfaiture en ce qui concerne trois des cinq prétendants dont le dernier Emmanuel Macron, homme lige de la haute finance, est un cas de figure et qui n'est pas sans rappeler  son correspondant indonésien Bangbang Yudhoyono, tout aussi inconnu qu'il le fut mais dont le charisme et les dents blanches ont su plaire. Il fut élu en 2004 et décida pour remercier le monde du business de baisser les taxes sur les boissons gazeuses. Je n'imagine pas Macron par gratitude, si l'hystérie l'emportait , allégeant les taxes sur  Disneyland.  A ce niveau tout est possible.




Il n'est point besoin de s'attarder sur ce type d'individus qui sont de facto parmi d'autres des épiphénomènes ordinaires et standards d'autant plus actifs dans le système qu'ils représentent,  qu'ils en usent et en abusent en toute bonne foi. 
L'élu n'est-il pas un état de grâce , dans notre pays ?
A l'adage "on n'est jamais aussi bien servi que par soi-même", je rajouterai "pour soi même et les siens" ne se vérifie plus, il se tonifie. Le seul danger pour "ces gens là" étant une instrumentalisation  du débordement voire de l'excès auquel ils se prêtent impunément et qui peut être repéré. L'affaire Cahuzac, pour l'exemple,  en est une parfaite illustration. La question  posée est ici de savoir jusqu'où il faut ne pas aller trop loin. L'engrenage s'affole et en appelle naturellement à la mauvaise foi et au mensonge. C'est l'affaire Fillon et celle à répétition de  Le Pen qui sont la banalité même dans le complexe politico-déliquescent dont nous avons faiblement idée. Je rappelle ici  que le pays compte plus de 600.000 élus et que nombre d'anciens sont en retraite économiquement très honorable.
Nous assistons, dans une singulière indifférence, à une campagne spectacle de fin de règne par l'émergence de transfuges oligarchiques sans définition élective, dont le mouvement En Marche , E.M, de résonance Avanti est représentatif, et qui constitue  un nouveau type de "mercenariat"  politico-affairiste dont le fantasque Tapis en son temps fut l'un des initiateurs. Il fut par Mitterand ce que Macron fut par Hollande. et  un certain D.S.K. dont la tête pensante émerge. La loi du marché entretient sans scrupule son monde et l'amnistie sans état d'âme.
La carte de l'homme providentiel va dans le sens de ce que j'évoquais ci-dessus. Elle ressemble à s'y méprendre à celle du patronat qui se félicite  d'un triumvirat plus cohérent qu'il ne paraît, j'ai nommé Le Pen, Macron et Fillon faisant fi de la candidature de Jean Luc Mélenchon seule représentative non d'un programme racoleur mais d'une perspective politique et sociale lucide et cohérente, dont une Sixième République, de réhabilitation humaniste et en rupture avec les névroses financières dévastatrices. Il est le seul candidat  dont la tête pourrait être mise à prix.   Les médias, comme pour le Moyen Orient et la Syrie montrent ce qu'ils sont et pour qui ils travaillent.  Je profite ici pour dire toute ma déception envers ma presse qui s'est faite le relai très propagandiste d'un rapport d'Amnesty International sur les exécutions de masse à la prison de Saydnaia en Syrie. Amnesty International, vendu, acheté et revendu, a aujourd'hui ses entrées à la CIA et autres officines  made in Soros avec leur cortège de collaborateurs du type  Paul Gogo  et autre Svetlana Alexeievitch, la liste est très fournie et les arrivages incessants. Les services sont réglés comptant avec assurance, carte de séjour et logement. Et tout le reste si affinités. La présence bien inscrite et non démentie de certaines personnalités françaises, trop nombreuses,  est surprenante et affligeante. Mais les records d'adhésion reviennent aux élus d'Europe de l'Est et des Pays Baltes. Du coté de Moscou les vendus à la CIA du genre Navalny, Khodorkovsky et autre Pugatchev ne sont pas à la traîne, tant qu'il y a des fonds et des parrainages.
Les filiations de "l'homme de la providence" E. Macron ne sont, aujourd'hui,  un secret pour personne de bon sens et de réflexion. Des noms apparaissent, à l'exception toutefois de ceux qui pourraient froisser un souverainisme de combat très en vogue dans les liturgies actuelles et dont Marine Le Pen s'est faite la grande prêtresse. Il n'y a pas danger, la maison brûle pour mieux convenir aux incendiaires pompiers pour lesquels le chef de l'Etat actuel n'a jamais cessé d'avoir de la sympathie. En votant pour Hollande, je souhaitais ne plus voir Sarkozy et tout ce qui lui ressemble. mais je n'ignorais pas que je resituais  Mittérand dont nous supportons toujours la forfaiture.

L'épisode Macron, je l'espère n'est que le dernier acte dégénératif de cette V eme république de bêtise infâme et de supercherie.
En marge de cet article, je me permets de citer les propos édifiants de la présentatrice étasunienne de la chaîne NBC du 07.02.17. J'ai nommé Mika Brzesinski (fille du père).
"C'est aux médias de contrôler ce que les gens pensent". Singulière franchise n'est-ce pas ?

                                                             michel-orel Rosiu St de J. 09.03.17